Un calculateur est en haut de cette page : entrez la date de naissance, il vous donne la date hébraïque, la date civile correspondante, le jour de la montée à la Torah et la parasha. Voici ce qu'il y a derrière.
Treize ans, mais treize ans hébraïques
Un garçon devient bar mitsva le jour de son treizième anniversaire dans le calendrier hébraïque. Comme l'année hébraïque compte tantôt douze mois, tantôt treize, l'écart avec la date civile varie : la bar mitsva peut tomber jusqu'à trois semaines avant ou après l'anniversaire, et rarement le même jour.
C'est pour cette raison qu'on ne peut pas « choisir » la date : elle est donnée par la naissance. Ce qui se choisit, c'est la date de la fête, qui peut être décalée.
Le piège de l'heure de naissance
Dans le calendrier hébraïque, le jour commence au coucher du soleil, pas à minuit. Une naissance en soirée appartient donc, au sens religieux, au jour suivant.
Attention au raccourci : il n'y a pas d'heure fixe. Le coucher du soleil varie avec la saison et avec le lieu — autour de dix-sept heures en décembre en France, près de vingt-deux heures fin juin. Une naissance à vingt et une heures bascule au jour suivant en hiver, mais pas en été. Il faut donc l'heure exacte et la ville de naissance, puis vérifier l'heure du coucher du soleil ce jour-là et à cet endroit.
Conséquence : une naissance en soirée décale toute la suite d'un jour — donc potentiellement de mois hébraïque, et souvent de parasha. L'heure de naissance figure sur l'acte de naissance, et c'est le premier document à ressortir.
Un cas particulier existe, celui d'une naissance pendant le bein hachmachot, ce moment entre le coucher du soleil et l'apparition des trois étoiles où l'on ne sait pas si le jour précédent est fini. Il appelle une décision rabbinique.
Le cas du mois d'Adar
Sept années sur dix-neuf comptent un mois supplémentaire : ces années-là ont deux Adar, Adar I et Adar II. D'où quatre situations :
- né en Adar une année ordinaire, bar mitsva une année à deux Adar → la date tombe en Adar II ;
- né en Adar I, bar mitsva une année ordinaire → l'Adar unique ;
- né en Adar II, bar mitsva une année ordinaire → l'Adar unique ;
- né en Adar I ou II, bar mitsva également une année à deux Adar → le même mois qu'à la naissance.
Il existe aussi le cas d'une naissance le trentième jour d'un mois qui, treize ans plus tard, n'en compte que vingt-neuf. La date retenue change alors, et les usages diffèrent selon les communautés.
Tous ces cas se tranchent avec votre rabbin. Un calcul automatique, y compris le nôtre, donne une indication — pas une décision.
Ce n'est pas forcément un samedi
On croit souvent que la bar mitsva a lieu le chabbat. C'est le jour le plus courant pour la fête, mais la Torah se lit aussi le lundi, le jeudi et à Roch Hodech, le début du mois hébraïque.
Si la date tombe un lundi ou un jeudi, le garçon peut donc être appelé à la Torah le jour même. Ce jour-là, comme ce n'est ni chabbat ni une fête, il met les téfilines — un moment que beaucoup de familles considèrent comme le vrai commencement.
Beaucoup organisent les deux : la montée en semaine, le jour exact, en petit comité ; puis la cérémonie et la fête le chabbat suivant, avec tout le monde.
La parasha
Chaque semaine correspond à une section de la Torah, lue le chabbat. Celle qui tombe le chabbat de la bar mitsva devient sa parasha : c'est elle qu'il apprendra, parfois pendant plus d'un an, et celle dont il parlera dans son discours.
Elle se connaît donc dès aujourd'hui, même si la bar mitsva est dans dix ans. C'est ce qui permet de commencer l'apprentissage au bon moment — et c'est souvent la première question que pose le professeur.
Il arrive que le chabbat en question tombe un jour de fête : la lecture est alors celle de la fête, et la préparation change. Là encore, la synagogue vous le dira.
Par où commencer, concrètement
- Retrouvez l'acte de naissance : l'heure exacte y figure, ainsi que la ville — les deux sont nécessaires pour savoir si la naissance a eu lieu avant ou après le coucher du soleil.
- Utilisez le calculateur en haut de page pour avoir une première date et la parasha.
- Faites confirmer par votre rabbin — c'est lui qui tranche, et c'est avec la synagogue que la date se réserve.
- Une fois la date connue, tout le reste s'organise à partir d'elle : le rétroplanning commence douze mois avant, par la réservation de la salle.
